REVOLTE DES BONNETS ROUGES AUTOUR DE CHATEAULIN. Batailles de l'Histoire de Bretagne

REVOLTE DES BONNETS ROUGES AUTOUR DE CHATEAULIN

Date : 9 juin 1675
Période : Révoltes populaires
Lieu : Châteaulin, Briec, Edern, Quéméneven
Pays : Cornouaille
Commune(s) : Châteaulin, Briec, Edern, Quéméneven
Département(s) : 29
Type : Terrestre
Conflit : Après les grandes villes, la Révolte du Papier timbré contre la fiscalité royale a gagné la Bretagne intérieure. Elle touche cette fois la population rurale davantage marquée par les abus de la fiscalité seigneuriale contre les paysans, d’où le nom de Révolte des Bonnets rouges.
Personnages : Alain Le Moign, Alain Le Quéau, Marquis de La Coste
Forces en
présence :
* Rassemblement de la population autour de Châteaulin (plusieurs milliers de paysans)

* Marquis de La Coste, lieutenant du Roi pour les quatre évêchés de Basse-Bretagne, et
Notice : Depuis plusieurs jours, la population de Châteaulin a été informée des troubles sérieux survenus à Guingamp et sévèrement réprimés par la pendaison de trois agitateurs. Le dimanche 9 juin, une large foule paysanne venus d’une vingtaine de paroisses à l’appel du tocsin se presse sur la grand place de Châteaulin pour accueillir le lieutenant général du roi pour les évêchés de Basse-Bretagne, marquis de La Coste, déjà surnommé « le grand gabelleur » venu spécialement de Guingamp. On le soupçonne de vouloir établir la gabelle détestée encore inconnue en Bretagne. En fait, il vient surtout pour rétablir l’ordre comme il l’a déjà fait à Guingamp, mais la rencontre avec la foule excitée est très houleuse. On ne le croit pas. Un sergent, le principal meneur, l’insulte grossièrement et le menace. Le marquis de La Coste lui répond en tirant son épée et il l’étend raide mort. Les émeutiers ripostent en tirant des coups de fusil. Le marquis blessé réussit à s’enfuir. Mais on doit l’emporter d’urgence à Brest avec sa promesse de tout faire pour la révocation les édits. Le même jour, un autre rassemblement de paysans armés se produit, non loin de là, dans la paroisse de Briec. Il rassemble des paroissiens de Landudal, Trégourez, Plogonnec et Edern. Sous la conduite de Laurent Le Quéau de Quéménéven et d’Alain Le Moign caporal de Briec, accompagnés des recteurs de Briec et d’Edern sous la menace, les paysans révoltés se portent au Manoir de la Bouëxière à Edern appartenant à Yves de Pénandreff, où ils sont sûrs de trouver la gabelle. Bien entendu, les fouilles ne donnent rien. Les insurgés se mettent alors à boire, se livrent au pillage et détruisent tous les documents fonciers qu’ils trouvent. Pour finir, ils mettent le feu au château.
Résultat : De tels exploits aussi insensés ont souvent un fin tragique. Quelques jours plus tard, à la demande du marquis de La Coste, un détachement militaire récupère les deux meneurs pour les remettre au procureur de Carhaix. Soumis à la question, Le Quéau et Le Moign livrent quelques noms de comparses, qui, comme eux, finissent misérablement sur la roue ou au bout d’une corde le 15 octobre 1675. Il y en eut malheureusement beaucoup d’autres.
Bibliographie : Ropartz (S), Guingamp, études pour servir à l’histoire, Saint-Brieuc, 1859, t II, p. 126 Dupouy (A), Histoire de Bretagne, Paris Boivin 1932, p. 260-269 Durtelle de Saint-Sauveur (E ), Histoire de Bretagne, t. II, Rennes 1946, p. 96-98 Leclerc (G), La Révolte s du papier timbré à Carhaix, Association bretonne, 2001, CX, p. 137-153
Documents consultables
à l'ICB :
Durtelle de Saint-Sauveur (E), Histoire de Bretagne, t. II, Rennes 1946, p. 97-98 Leclerc (G), La Révolte du Papier Timbré à Carhaix et sa région, Association Bretonne, 2001, t. CX, p. 137-153
Auteur :
ESL
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